Le journal de Gérard

Le journal de Gérard

Les aéroports

 

Givry le 13 décembre 2022

 

Après mon dernier voyage professionnel en avion est-ce que je vais oublier cette sensation étrange de ne plus sillonner les aéroports ? Pourtant au fur et à mesure de mes voyages en avion j’ai détesté certaines situations.

 

J’ai détesté d’être en retard à l’aéroport, parce que l’accès au parking était modifié et que les itinéraires de déviation n’étaient pas en place.

En revanche j’ai remercié mon statut de grand voyageur qui me permettait d’être prioritaire dans les interminables files d’attente à l’enregistrement.

 

J’ai détesté quand la file d’attente aux contrôles de police cessait d’avancer pendant 5 minutes parce qu’un gugus cherchait dans toutes ses poches et dans son bagage cabine son passeport ou sa carte d’embarquement.

 

J’ai détesté les agents de sécurité des aéroports qui avaient toujours l'air de penser que tout le monde était coupable de quelque chose et qui nous faisait déballer le contenu de notre bagage cabine avant de nous faire enlever montre, ceinture et chaussures comme si l’on était en garde à vue.

 

J’ai détesté l’étape incontournable des portiques de sécurité où il fallait s’armer de patience derrière celui qui le faisait sonner parce qu’il avait oublié ses clés dans une poche ou celle qui prenait tout son temps pour enlever ses chaussures ou ses lunettes bling-bling. Sans oublier les palpations aussi inutiles qu’inefficaces.

 

J’ai vu des voyageurs stressés qui, toutes les 5 minutes regardaient leur montre et leur carte d’embarquement avant d’aller vérifier pour la énième fois l’heure de départ de leur vol sur les panneaux d’affichage

 

J’ai détesté la façon dont les terminaux sans vie me faisaient sentir que j’étais prisonnier. Seule consolation, mon statut qui me donnait accès aux salons où les petits fours et le champagne me permettaient de patienter.

 

J’ai détesté les retards de vol et les annulations de dernier moment.

 

J’ai détesté la valse des odeurs de certains voyageurs un peu trop parfumés ou transpirant qui ne savaient pas comment fonctionne une douche.

Cependant, pour paraphraser une scène d’Apocalypse Now, « j’ai aimé l’odeur du kérosène au petit matin sur le tarmac».

 

J’ai détesté les retardataires à l’embarquement qui, par leur négligence faisaient attendre 200 passagers installés peu confortablement, depuis une heure dans l’avion.

 

J’ai toujours été stupéfait de voir sur certaines destinations exotiques, des voyageurs circulant avec beaucoup de mal dans les couloirs de l’avion parce qu’ils s'étaient encombrés d’une multitude de paquets colorés et de bagages en tous genres qui ne trouveront pas de place dans les compartiments à bagages.

 

J’ai détesté tous les voyageurs qui criaient quand l’avion entrait dans une turbulence et aussi tous ceux qui applaudissaient quand l’avion se posait sur la piste.

 

J’ai aimé entendre les cris apeurés de certains passagers quand, au moment de se poser sur la piste le pilote remettait les gaz pour refaire une nouvelle tentative d’atterrissage. J’avais envie de dire à tous ces gens « Ne vous en faites pas, on n’a jamais vu un avion rester en l’air ».

 

J’ai détesté attendre mon bagage à l’arrivée. Une attente interminable à regarder défiler les bagages des autres, alors que le mien, siglé « Prioritaire », n’arrivait pas et en me disant qu’une nouvelle fois il aura pris une autre destination que la mienne.

 

J’ai détesté les valises réputées incassables qui étaient dézinguées dès le premier voyage ; jusqu’au jour où j’ai remplacé mes valises de grandes marques par un sac de voyage acheté 15€ chez un chinois de Cayenne. Sac qui m’a suivi sans protester pendant ces 10 dernières années.

 

J’ai détesté les heures perdues à faire une déclaration de perte de bagages (perte bien souvent due aux bagagistes de l’aéroport de départ) et être contraint de racheter une brosse à dent et un slip.

 

J’ai détesté les correspondances interminables entre deux vols dans des salles d’attente froides.

 

J’ai détesté les buvettes des aéroports qui nous servaient un café imbuvable et hors de prix.

 

Pourtant, je me suis réconcilié avec toutes ces tracasseries qui m’ont rappelé que le voyage ne commençait vraiment qu’à la sortie de l’aérogare, ce moment magique, surtout outre-mer quand je prenais en pleine face la chaleur humide et les odeurs envoûtantes des tropiques.

 

 

(1 200000 km parcourus. 1400 heures de vol. 21 types d’avions différents)



13/12/2022
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